2 et 3 OCTOBRE: Projection de quatre films de Jérôme Prieur
VENDREDI 2 ET SAMEDI 3 OCTOBRE 2026
CINÉMA ÉTOILE PALACE VICHY
PROJECTION DE QUATRE FILMS DE JÉRÔME PRIEUR
Jérôme Prieur est tout à la fois auteur de films documentaires et de nombreux ouvrages, les uns et les autres ayant trait à la littérature (portraits d’écrivains pour l’INA, films sur Fargue ou à propos de René Char) et à l’histoire. Il a notamment réalisé en 1998 et 2003, en association avec Gérard Mordillat deux séries de 12 et 10 épisodes, Corpus Christi et L’origine du christianisme, qui eurent un grand retentissement. Plusieurs de ses films portent sur l’histoire du XXe siècle (Les sentinelles de l’oubli, à propos des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale), mais surtout sur les drames des années 1940. L’on citera en particulier, Le Mur de l’Atlantique, monument de la collaboration (2010), À propos du procès Barbie (2011), Dieppe, 19 août 1942 (2012), Hélène Berr, une jeune fille dans Paris occupé (2013), Les Jeux d’Hitler, Berlin 1936 (2016), Ma vie dans l’Allemagne d’Hitler en deux épisodes : « La conquête du pouvoir » et « La mise au pas » (2018), Occuper l’Allemagne, 1918-1930 (2019), Vivre dans l’Allemagne en guerre (2020), Darlan, le troisième homme de Vichy (2021), Les Suppliques, écrit avec Laurent Joly (2022), 1941, dernier bateau pour l’exil (2023), Le Cas Léon K. (2024).
Parallèlement, il a publié de nombreux ouvrages, dont l’un des derniers, Regarder et ne pas voir. Louis Gillet, un témoin au cœur des années sombres (1936-1943) remet en mémoire un écrivain oublié, mais représentatif des ambiguïtés de l’époque.
Jérôme Prieur sera présent à Vichy pour la projection de quatre de ses films les 2 et 3 octobre 2026 au cinéma Étoile Palace.
VENDREDI 2 OCTOBRE 9 HEURES 30 : Les Suppliques (63 minutes), Entre 1941 et 1942, des hommes, des femmes, parfois des enfants écrivent au maréchal Pétain ou au Commissariat général aux questions juives. Ils cherchent avec tous les arguments possibles à desserrer le piège dans lequel leurs proches ou eux-mêmes se retrouvent. Le film s’appuie sur le travail mené par l’historien Laurent Joly dans les fonds des Archives nationales.
VENDREDI 2 OCTOBRE 10 HEURES 45 ; Le cas Léon K. (80 minutes) : Arrêté lors de la rafle de la zone libre de l’été 1942, Léon Kacenelenbogen, 21 ans, a écrit deux suppliques au maréchal Pétain pour s’insurger contre le sort qui lui est fait. Après avoir été interné dans trois camps français, Léon réussi à s’évader et à survivre, mais il n’a laissé aucun autre témoignage. À partir d’une enquête d’Aude Vassallo, le film est parti sur ses traces, à la poursuite de son ombre.
VENDREDI 10 OCTOBRE 15 HEURES ; Darlan, le troisième homme de Vichy (70 minutes). Darlan a été le personnage le plus obscur du régime de Vichy, le moins connu, le plus tortueux. Le dessein politique du « troisième homme » de Vichy l’orienta résolument vers sa propre conception de l’avenir du pays, tant sur le plan extérieur, une collaboration avec l’Allemagne poussée quasiment jusqu’ à la co-belligérance, que sur le plan intérieur, avec une politique répressive de plus en plus marquée. Darlan et son équipe de « techniciens », avaient tout fait en un temps record pour « moderniser » l’appareil d’État, pour faire de la France, débarrassée du Parlement et des contrepouvoirs, le laboratoire d’une technocratie autoritaire. Son assassinat en décembre 1942 à Alger réussira paradoxalement à préserver sa mémoire.
SAMEDI 3 OCTOBRE 10 HEURES ; Les sentinelles de l’oubli (65 minutes): Au sortir de la Grande Guerre un monument aux morts est inauguré quasiment par chaque ville et village de France. Jérôme Prieur se penche, dans Les sentinelles de l’oubli, sur cet immense musée à ciel ouvert pour reformer le puzzle d’un récit gravé dans la pierre ou la fonte. Car si ces sculptures ont été d’abord dressées pour célébrer l’héroïsme et le patriotisme, elles chuchotent aussi la souffrance et le deuil, retranscrits “en volume et en relief” par des artistes afin que ne s’installe pas l’oubli évoqué par les vers de Louis Aragon:
« Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit
Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s’efface
Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri. »
(Tu n’en reviendras pas ; Le roman inachevé, 1957)