Rencontres

EN RAISON DE LA SITUATION SANITAIRE, LES RENCONTRES 2020 SONT REPORTÉES A UNE DATE ULTÉRIEURE .

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RENCONTRES 2019

Pour ses quatrièmes Rencontres des 20 et 21 novembre 2019, le CIERV a retenu le thème de l’information et de la propagande entre 1940 et 1944.

Comment les Français se sont-ils tenus informés de l’évolution du conflit, de la situation politique ? Comment cette information, malgré les multiples contraintes liées à l’Occupation et au changement de régime politique a-t-elle pu circuler dans une population soumise au choc de la défaite et à la pénurie ? Comment réagit l’opinion aux diverses formes de contrôle, de censure, à la propagande et aux fausses nouvelles ? Telles furent quelques-uns des questionnements à l’origine de ces journées.

Dans quelque configuration historique que ce soit, la question de l’information met en action quatre forces principales : des émetteurs d’information, publics ou privés ; des vecteurs  qui en  permettent la diffusion, plus ou moins rapidement en fonction de l’état de la technologie ; des récepteurs  qui l’interprètent et réagissent de façon variable, selon le contexte, la culture du moment ou la position sociale ; enfin des régulateurs d’information qui donnent un cadre à son expression, en assurant sa liberté ou au contraire en la contrôlant, voire en la manipulant. C’est l’interaction de ces quatre forces qui, tel un précipité chimique, construit une opinion publique en fonction de leur  rapport évolutif. Dans le cas présent- les années 1940-1944-, la situation de guerre et d’occupation est évidemment un élément de complexification auquel s’ajoute la question de la chronologie, trop souvent oubliée, qui oblige à prendre en compte des continuités, évidentes,  mais aussi des évolutions, voire des ruptures, non moins manifestes.

Bien entendu, il n’était pas possible d’aborder dans le temps limité qui nous était imparti, l’ensemble des aspects de cet immense sujet. Est-ce d’ailleurs possible d’y parvenir ? Ainsi, il eût  été souhaitable de traiter de l’ensemble des vecteurs d’information, au-delà de la question des medias classiques que sont la presse écrite et la radio. Quid par exemple des tracts, qu’ils soient distribués par les résistants dans les boîtes aux lettres ou largués par voie aérienne par l’aviation alliée ? Quid également des actualités cinématographiques, de la photographie, de la presse clandestine ? Mais nous avons fait place, grâce à Jean-Marie Guillon, à un aspect souvent négligé, celui du bouche à oreille, de la rumeur qui, qu’elle se révèle exacte ou soit inventée, contribue à façonner l’opinion tout autant qu’en révèle l’évolution.

Le thème de ces Rencontres fait naturellement émerger la question de la capacité des Etats, ici celui installé à Vichy, mais aussi et d’abord celui de l’occupant, à contrôler l’information et, en transformant celle-ci en propagande, à en faire un instrument au service de sa politique et de ses objectifs idéologiques. L’exemple des années quarante montre que la volonté de l’Etat Français de contrôler presse et radio n’empêche pas l’opinion, non seulement d’être informée, mais de s’éloigner très vite, dès 1941 au moins, d’un régime dont elle perçoit rapidement toutes les dérives. Il en va de même de la politique mise en place par l’occupant par le biais de la Propaganda Abteilung, dont la contribution de Pascal Jardin montre à la fois la force logistique et l’impuissance finale, dont les responsables de l’Hôtel Majestic finissent par être eux-mêmes conscients.

Enfin ces Rencontres ont également permis de rappeler s’il en était besoin que toute histoire est incarnée par des individus, au destin contrasté. Qu’il s’agisse de ceux qui, par intérêt ou par conviction  se sont mis au service d’une information tenue par l’occupant et ont accepté d’en devenir des propagandistes, tel Jean-Hérold Paquis, évoqué par Yves Pourcher. Ou, à l’inverse, ceux, qui lucides dès 1940, ont manifesté leur réserve, voire leur refus et ont tenté de s’opposer à des pratiques qui leur paraissaient contraires aux valeurs républicaines : ainsi Alexandre Varenne, fondateur et directeur de La Montagne, replié à Bellerive-sur-Allier, spectateur critique d’un régime à l’opposé de tout ce pourquoi il avait milité, dont Fabien Conord dresse le portrait.

Au-delà de la richesse des contributions et des débats qui les ont prolongées, ces Rencontres nous rappellent que les sociétés civiles savent, y compris dans les situations les plus difficiles, trouver des parades à la volonté de surveillance et de contrôle, et que même en régime autoritaire, voire totalitaire, l’information circule par mille canaux, permettant de lever le bâillon que le pouvoir veut leur imposer, préparant ainsi la Libération. Puisse cette leçon continuer à se vérifier.

Rencontre

6 juin 2020

Information, Propagande en France 1940-1944

Pour ses quatrièmes Rencontres des 20 et 21 novembre 2019, le CIERV a retenu le thème de l’information et de la propagande entre 1940 et 1944. Comment les Français se sont-ils tenus informés de l’évolution du conflit, de la situation politique ? Comment cette information, malgré les multiples contraintes liées à l’Occupation et au changement de […]

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